Que proposons-nous à nos lecteurs dans ce numéro double ? Nous avons voulu le centrer sur le thème de la création d’entreprise et soulever une série de questions qui apparaissent à différents stades de ce processus. Au tout début, avant le passage à l’acte, il y a l’intention, ce qui se passe dans la tête d’un individu, ses perceptions, ses croyances, ses peurs et ses espérances. Ces aspects sont abordés dans un ouvrage récent, « Understanding the Entrepreneurial Mind », signé par Alan Carsrud et Malin Brännback, qui fait l’objet d’une note de lecture détaillée proposée par Jacques Henri Coste. Un autre article, de Jean-Michel Degeorge et Alain Fayolle, revient sur ces notions et nous interroge : « Les étudiants français ont-ils la fibre entrepreneuriale ? ». La réponse est mitigée, mais la conclusion ouvre des perspectives nouvelles et intéressantes.
L’identification de l’opportunité constitue une étape clé du processus entrepreneurial. Ces opportunités peuvent être dénichées dans la plupart des secteurs ; même les plus inattendus.
Olivier de Lagarde, Emmanuel Blachez et Grégoire Dupont entendent nous convaincre que le secteur de l’assurance offre des opportunités entrepreneuriales à qui sait les identifier. Leur article, « L’assurance invente l’entrepreneuriat à risque limité », est une invitation à se méfier des idées toutes faites et d’une certaine forme de « prêt à penser »
dans le monde des affaires.
Pour se lancer, certains projets nécessitent un accompagnement dans un incubateur. Mais qu’apportent réellement ces incubateurs ? Benjamin Védel et Eric Stéphany interrogent la pertinence des indicateurs de performance dans « Peut-on améliorer les indicateurs de performance des incubateurs ? ». Dans un autre article, Philippe Silberzahn et Olivier Witmeur nous font part des réflexions de deux directeurs d’incubateurs, l’un en France et
l’autre en Belgique. Lorsque la décision est prise et que l’opportunité est identifiée, il est temps de penser à la constitution des équipes entrepreneuriales. C’est l’objet de l’article de Cyrine Ben Hafaïed-Dridi, « Constituer une équipe entrepreneuriale high-tech : oui, mais comment ? », qui apporte des éléments de réponse concrets. Ilia Takak souligne,
quant à elle, la difficulté à faire travailler ensemble les membres d’une équipe en étudiant un cas tunisien. Une fois le projet lancé, la problématique des compétences entrepreneuriales utiles à la réalisation de telle ou telle activité revient avec régularité et insistance.
Christophe Loué et Jacques Baronnet nous offrent un éclairage avec leur contribution intitulée « Les compétences de l’entrepreneur, validation empirique d’un référentiel à visée opérationnelle ».
Dans le processus apparaissent aussi des choix qui, s’ils s’avèrent inappropriés, peuvent déboucher sur de sérieuses difficultés. Il en est ainsi de la manière dont est envisagé le lancement des activités. Karim Ben Slimane pose, sur ce sujet, la question du timing avec son article « Trop tard ou trop tôt : comment améliorer le timing du lancement de
l’activité grâce à un client pilote ? ». Soufiane Mezzourh et Walid Nakara insistent, quant à eux, sur la gouvernance des start-up : « Entrepreneuriat et gouvernance des jeunes entreprises innovantes ».
Une fois l’entreprise installée, la partie est loin d’être terminée. Louis Jacques Filion et Edmilson Lima soulignent l’importance de la vision et la nécessité de la partager avec les autres parties prenantes dans leur article « Le partage de la vision dans un contexte de TPE ». La croissance peut parfois ne pas être au rendez-vous et présenter des incompatibilités
avec d’autres éléments de l’entreprise ou de son environnement. C’est la thèse de Franck Barès et de Fabrice Pirnay dans leur article « Spin-offs et croissance : un mariage contre nature ? ». Michel Berthelier s’intéresse, quant à lui, à la stratégie des PME, notamment aux options qui privilégient les alliances. Son article, « Groupement de PME, entrepreneur collectif des alliances » défend l’idée de la pertinence de ces stratégies pour ce type d’organisation.