La question de la gouvernance des ressources naturelles utilisées conjointement par de nombreux individus revêt une importance croissante pour les analystes politiques. Tant la nationalisation que la privatisation ont été mises en avant mais ni l’État ni le marché n’ont été uniformément en mesure de résoudre les problèmes liés aux ressources communes.
Remettant en question les fondements de l’analyse politique telle qu’appliquée aux ressources naturelles, Elinor Ostrom fournit dans cet ouvrage un ensemble unique de données empiriques afin d’étudier les conditions dans lesquelles des problèmes de ressources communes ont été résolus, de manière satisfaisante ou non.
L'auteur décrit d’abord les trois modèles les plus fréquemment utilisés en tant que fondements pour préconiser des solutions se basant sur l’État ou le marché. Elle passe ensuite en revue les alternatives théoriques et empiriques à ces modèles afin d’illustrer la diversité des solutions possibles. Dans les chapitres suivants, elle fait appel à l’analyse institutionnelle en vue d’examiner diverses stratégies – fructueuses ou infructueuses – de gouvernance des biens communs.
Contrairement à ce qu’affirme l’argument de la « tragédie des biens communs », les problèmes de ressources communes peuvent être résolus par des organisations volontaires plus efficacement que par un État coercitif. Parmi les cas considérés figurent la tenure communale de prairies et de forêts, des communautés d’irrigation, des droits relatifs à l’eau ainsi que des sites de pêche.
Gouvernance des biens communs apporte une contribution majeure à la littérature analytique et à notre conception de la coopération humaine.
Avant-propos
Chapitre 1. Réflexion sur les biens communs
trois modèles influents
L'utilisation métaphorique des modèles
Prescriptions politiques actuelles
Un défi
Chapitre 2. Une approche institutionnelle de l'étude de l'auto-organusation et de l'autogouvernance dans les situations de ressources communes
La situation de ressource commune
Interdépendance, action indépendante et action collective
Trois problèmes: la mise en place, l'engagement et la surveillance
Définir le cadre de l'enquête
L'étude des institutions dans les situations de ressource commune
Chapitre 3. Analyse de systèmes de ressources communes durables auto-organisés et autogouvernés.
Tenure communale dans les prairies et forêts de haute montagne
Institutions des systèmes d'irrigation de huertas
Communautés d'irrigaton des zanjeras aux Philippines
Similitudes entre les institutions de ressources communes durables et auto-organisées
Chapitre 4. Analyse des changements institutionnels
La course au pompage
Le jeu de la procédure judiciaire
Le jeu de l'entrepreneuriat
L'analyse de la mise en oeuvre institutionnelle
Chapitre 5. Analyse des défaillances et vulnérabilités institutionnelles
Deux pêcheries littorales confrontées à des problèmes de ressources communes permanents
Des nappes aquifères californiennes confrontées à des problèmes de ressources communes permanents
Une pêcherie sri lankaise
Projets de développement de systèmes d'irrigation au Sri Lanka
La fragilité des pêcheries littorales de Nouvelle-Écosse
Les leçons à tirer de la comparaison des cas présentés dans cette étude
Chapitre 6. Un cadre pour l'analyse des ressources communes auto-organisées et autogouvernés
Les problèmes de la mise en place, de l'engagement crédible et de la surveillance mutuelle
Un cadre pour l'analyse du choix institutionnel
Un défi pour la recherche en sciences sociales
Références bilbiographiques
Index
Table des matières
Presse
12 octobre 2009
(…) En rapportant la question des communs à cette double dimension, de la gouvernance d'architectures humaines et de biens collectifs, d'une part, et de la mise à disposition pour tous et le partage des outils et des connaissances, d'autre part, les travaux scientifiques sur les biens communs, dont Elinor Ostrom est une figure majeure, ouvrent des portes nouvelles aux mouvements sociaux du monde entier. En témoigne le récent appel « Pour la récupération des biens communs » issu du Forum social mondial de Belém de janvier 2009.
L'attribution du prix « Nobel » d'économie à Elinor Ostrom est donc une excellente nouvelle pour le développement d'une réflexion politique et sociale adaptée aux défis et aux enjeux du XXIe siècle.
Texte diffusé sous licence Creative commons v3 - attribution
Etudes Foncières
1 novembre 2010
(...) ce livre fondateur d'une nouvelle approche sur l'action collective reste étonnamment d'actualité.
Catherine Herrera
Le Monde Diplomatique
1 décembre 2010
Dans son ouvrage Governing the Commons, elle se fonde sur l'observation de la diversité des solutions empiriques et montre que la régulation de l'exploitation des biens communs ne passe pas nécessairement par l'appropriation (...)
Agnès Sinaï
Le monde libertaire
24 février 2011
Même si le monde a évolué en vingt ans, ce livre reste pertinent et stimulant.
P.S.
Bois et forêts des tropiques
1 octobre 2011
Elinor Ostrom fournit dans cet ouvrage un ensemble unique de données empiriques.
RECMA
5 avril 2011
L'ouvrage d'Ostrom, par sa rigueur et la diversité des situations empiriques observées comme par les pistes d'analyse qu'elle élabore, se présente comme un travail remarquable pour ce qu'elle appelle "une théorie adéquate de l'action collectivre auto-organisée", une action collectivre qui ne tourne pas le dos à l'Etat ou à l'entrepreneuriat...
Luc Bonet
Pour l'éducation, l'enseignement, la recherche, la culture
1 septembre 2011
Retrouvez l'interview d'Elinor Ostrom, première femme à avoir reçu le Nobel d'économie, dans le mensuel Pour l'éducation, l'enseignement, la recherche, la culture, de septembre 2011.
Véronique Giraud
Le Monde diplomatique
1 décembre 2011
(...) en 2009, l'économiste nord-américaine Elinor Ostrom a reçu le "prix Nobel" d'économie pour ses travaux sur les commons, et en particulier pour son livre Gouvernance des biens communs. Elle est même devenue un mot-clé au niveau international.
Ugo Mattei